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Je m’en vais sur le lac du regret et du sommaire jugement
Chanter aux anciens le secret de tous les renoncements
Je m’en vais étouffé de sanglots mais tranquillement
Le sourire coincé, nourri à force de forces et de faux-semblants

Ou encore, écouter l’agonie d’une prière qui s’éternise en moi
Rien à dire sur la façon dont meurent les mots pieux
Qui voltigent en l’air, l’air fracassé d’un pauvre vieux
Et la langue du divin n’emballe que les pourvus et les pourvois

Comprenez-vous que le soin de soi n’arrange que vous
Et que les aveux ne sont jamais que ce qu’on avoue
Et que les divines langues qui s’acharnent sur votre cou

Et sur votre misère

Ne bavent leur miracle qu’à la vue de l’un de vos genou

À terre.

§88 · 13 novembre 2010 · Poésie · Tags : · [Imprimez]

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